mardi 14 octobre 2014

BANQUE & PME EN AFRIQUE NOIRE UNE HISTOIRE DE VIEUX COUPLE

J’ai tourné la question de l’accès des PME dans tous les sens sans réellement trouver la bonne réponse. Il est arrivé plusieurs fois que PME avec les quelles j’ai travaillées arrêtent leur activité par une simple insuffisance de fonds de roulement.
En réalité l’histoire des rapports entre banques et PME sur le continent ressemble fort à celle des vieux couples qui se font des reproches incessants. Comme souvent dans ces cas, les torts sont en réalité partagés. Face à cette quadrature du cercle, quelles sont les principales responsabilités qui pourraient être honnêtement imputées à chacun des ‘partenaires obligés’ ?
Certains aspects constituent une préoccupation prédominante des Banques. La faiblesse généralisée des fonds propres des PME apparaît comme le premier d’entre eux. Cette faiblesse s’explique à la fois par les réticences des promoteurs à rechercher d’autres actionnaires, la rareté des trésoreries disponibles, les sous-évaluations fréquentes des coûts de fonctionnement et d’investissement dans les budgets, ainsi que la sous-estimation du capital nécessaire pour réaliser le chiffre d’affaires envisagé. L’insuffisance d’organisation des PME, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la comptabilité, et les fonctions de contrôle constituent également des faiblesses importantes qui préoccupent les banques.
Du côté des banques, il faut reconnaître une insuffisance majeure relative à la faiblesse du suivi des concours mis en place pour les PME. Les PME étant peu enclines à donner une vraie place de conseiller à leurs banquiers, ceux-ci devraient prendre systématiquement l’initiative. Or, ce rôle demeure mal assumé. Cela crée un cercle vicieux dans la mesure où cette insuffisance de suivi est précisément à l’origine de la dégradation de nombreux dossiers, ce qui renforce alors l’aversion des banques aux PME. Il y a une seconde insuffisance des banques qui est due à une  pénurie de cadres ayant une expérience approfondie de la gestion des dossiers de financement des PME.
Les banques souffrent également d’une pénurie de départements spécialisés sur les PME, d’un manque de procédures bien adaptées à la modestie des informations financières et des quelques indicateurs de suivi disponibles, d’une faible capacité d’innovation en ce qui concerne les garanties acceptables et de l’inexistence de formations spécifiques au financement des PME pour les analystes de crédit et les chargés de clientèle. Sous l’effet conjugué de ces divers facteurs, les PME ne trouvent pas auprès des banques l’appui qu’elles recherchent. 

La plus part des pays africains dépensent chaque années des centaines de millions de dollars avec le concours des ‘partenaires au développement’ pour ce qu’ils appellent ‘appui aux dépenses immatériels’ sans réellement apporter de solutions à la véritable problématique de PME… Il ne serait pas exagérer de parler de véritables gâchis. Dans un environnement où se donner bonne conscience semble être le standard, nous sommes partis pour des années de ‘sur place’.

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